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	<title>Culture Archives - ChokeNami</title>
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	<description>Arts martiaux, histoire, culture, équipement</description>
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		<title>Le kata ne sert pas à ce qu’on croit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CNA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 14:23:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Judo]]></category>
		<category><![CDATA[Karaté]]></category>
		<category><![CDATA[Kendo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Reprocher à un kata de ne pas ressembler à un combat, c’est reprocher à un dictionnaire de ne pas ressembler à une conversation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Aucune pratique ne divise autant. Pour les uns, le kata est le cœur de l’art martial ; pour les autres, une chorégraphie qu’on impose aux passages de grade et que personne n’utilise jamais. Les deux camps commettent la même erreur : ils jugent le kata à l’aune du combat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que c’est, exactement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un <em>kata</em> est une forme fixée. En karaté, elle est solitaire : une séquence de déplacements et de techniques exécutée seul, face à des adversaires imaginaires. En judo et en jūjutsu, elle est à deux, chacun tenant un rôle convenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, rien n’est négocié. L’attaque est annoncée, la réponse est connue, l’ordre ne change pas. C’est précisément ce qu’on lui reproche, et c’est aussi sa définition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi il existe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La raison d’être du kata est historique, et nous l’avons rencontrée plusieurs fois sur ce site. Les écoles d’avant Meiji travaillaient des techniques trop dangereuses pour être tentées à pleine vitesse. Elles n’avaient pas le choix : soit la forme convenue, soit des blessés chaque semaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux inventions ont levé cette contrainte. Le shinai et l’armure d’entraînement l’ont fait pour le sabre, ce qui a permis <a href="/du-sabre-au-shinai-naissance-du-kendo/">l’assaut libre</a>. Kanō l’a fait pour le corps à corps en retirant du randori ce qui casse, ce qui a donné <a href="/kano-jigoro-invention-du-judo/">le judo</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de là, le kata perd son monopole. Il ne disparaît pas pour autant, parce qu’il sert à autre chose que ce qu’on croit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une bibliothèque, pas une répétition</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici le malentendu central. On juge le kata comme s’il simulait un combat. Il ne simule rien. Il conserve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant l’imprimerie bon marché, avant la photographie, avant la vidéo, comment transmet-on un corpus technique précis sur dix générations ? On l’encode dans une séquence que le corps retient, et qui se vérifie d’un coup d’œil. Le kata est un support de stockage.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Reprocher à un kata de ne pas ressembler à un combat, c’est reprocher à un dictionnaire de ne pas ressembler à une conversation.</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il en découle une conséquence qu’on oublie : un kata sans l’explication de ce qu’il encode ne vaut presque rien. C’est le débat du <em>bunkai</em> en karaté, l’application des mouvements. Une forme transmise sans sa clé devient exactement ce que ses détracteurs décrivent, une danse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La critique qui tient</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons donc honnêtes sur les reproches fondés, car il y en a.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de clubs enseignent des katas dont plus personne ne connaît l’application. On exécute scrupuleusement un geste en expliquant qu’il s’agit d’un blocage, là où l’étude du corpus suggère souvent une saisie, un déséquilibre ou une projection. Le mouvement survit, son sens s’est perdu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire, la compétition de kata a produit sa propre dérive. Jugée sur l’amplitude, la synchronisation et la puissance apparente, elle récompense des formes de plus en plus démonstratives et de moins en moins liées à ce qu’elles encodaient. Le support de stockage s’est mis à servir d’épreuve de gymnastique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et en judo, l’exigence de kata aux passages de grade est souvent vécue comme une formalité, bachotée trois semaines avant l’examen puis oubliée. Un corpus qu’on révise pour un jury n’est pas un corpus vivant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qu’il reste à en faire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La position raisonnable se tient entre les deux camps, et elle est exigeante pour les deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux qui le méprisent : votre discipline conserve dans ses katas des techniques que votre règlement a interdites, et que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Le judo de compétition a banni les attaques de jambes ; le judo de kata les a gardées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux qui le vénèrent : une forme dont personne ne sait expliquer l’application n’est pas un trésor, c’est une relique. Si votre professeur ne peut pas montrer à quoi sert un mouvement contre un partenaire qui résiste, la clé est perdue, et il vaut mieux le dire que de broder.</p>

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		<title>La ceinture noire, une invention récente</title>
		<link>https://chokenami.com/la-ceinture-noire-invention-recente/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CNA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 14:23:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Judo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le symbole le plus universel de ces disciplines a cent quarante ans, et les couleurs sont françaises.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Demandez à n’importe qui de décrire un pratiquant d’arts martiaux : il y aura une ceinture noire dans la réponse. C’est le symbole le plus universellement reconnu de ces disciplines. Il a environ cent quarante ans, et une bonne part de ce qu’on en raconte est faux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un emprunt au jeu de go</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le système des <em>dan</em> ne vient pas des arts martiaux. Il vient du go, où il servait depuis le XVIIe siècle à classer les joueurs et à calculer les handicaps entre forces inégales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kanō Jigorō, qui cherchait justement à rendre la progression lisible et graduée, l’emprunte pour le judo. Les premiers dan sont attribués dès 1883, l’année qui suit la fondation du Kōdōkan. Les <em>kyū</em>, pour les élèves, complètent l’échelle par le bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ceinture noire comme objet arrive après, vers le milieu des années 1880. Et le judogi lui-même, tel que nous le connaissons, n’est fixé que vers 1907. L’image la plus célèbre du judo est donc plus récente que le judo.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La légende de la ceinture qui noircit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une histoire circule partout, répétée dans les salles et sur les affiches : autrefois, les pratiquants recevaient une ceinture blanche qu’il était interdit de laver. Avec les années, la sueur et la terre l’auraient assombrie jusqu’au noir, et la couleur aurait ainsi mesuré l’ancienneté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une invention moderne, et elle ne résiste pas à l’examen. Les documents du Kōdōkan montrent un système de grades décidé administrativement, pas une couleur acquise par usure. Une ceinture de coton sale ne devient d’ailleurs pas noire : elle devient grise et elle pourrit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La légende est belle parce qu’elle flatte une idée qui nous plaît, celle d’un mérite accumulé sans jury ni paperasse. La réalité est plus prosaïque : un professeur décide, et il l’écrit.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Quand un récit sur les arts martiaux est trop joli pour être vérifié, il a généralement été écrit pour ne pas l’être.</p></blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Les couleurs sont françaises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici le point que peu de pratiquants français connaissent, et qui devrait les intéresser. L’échelle des ceintures de couleur, jaune, orange, verte, bleue, marron, n’est pas japonaise. Elle a été mise au point en Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On l’attribue à <strong>Mikinosuke Kawaishi</strong>, le judoka japonais qui enseigne en France à partir des années 1930 et qui structure la discipline dans ce pays. Devant des élèves occidentaux adultes, peu enclins à patienter des années entre deux repères visibles, il multiplie les échelons intermédiaires et leur donne une couleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif fonctionne si bien qu’il revient ensuite vers le Japon et se répand dans le monde entier, y compris dans des disciplines qui n’ont rien à voir avec le judo. Un aménagement pédagogique conçu pour des Français des années 1930 est devenu la norme mondiale des arts martiaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que shodan veut dire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier dan se dit <em>shodan</em>. Le caractère initial ne signifie pas premier au sens d’une victoire, mais commencement, début, le départ d’une série.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule que répètent les professeurs, selon laquelle la ceinture noire est le début et non la fin, n’est donc pas une consolation inventée pour les candidats recalés. C’est la traduction littérale du mot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste que l’objet a pris une place démesurée. Des pratiquants arrêtent une fois la ceinture obtenue, l’ayant confondue avec une ligne d’arrivée. Des écoles la distribuent vite pour retenir leurs adhérents. Et quelques disciplines ont inflationné leurs grades au point que le repère ne dit plus grand-chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kanō n’avait pas prévu cela. Il voulait un instrument de mesure, et nous en avons fait un trophée.</p>

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		<title>Pourquoi on compte en japonais à Cergy</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CNA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 14:23:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Judo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un mardi soir dans un gymnase municipal, vingt personnes comptent jusqu’à dix dans une langue qu’aucune ne parle.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Un mardi soir à Cergy, dans un gymnase municipal partagé avec le basket, une vingtaine de personnes comptent jusqu’à dix en japonais. Aucune ne parle japonais. Aucune n’ira jamais au Japon. Et la plupart prononcent de travers des mots dont elles ignorent le sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela peut passer pour du folklore. C’est plus intéressant que cela.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’argument qui tient</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vocabulaire japonais est une langue commune. Un judoka français et un judoka brésilien qui ne partagent pas trois mots d’anglais savent tous deux ce qu’est un <em>seoi-nage</em>, et ils peuvent travailler ensemble en dix secondes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette monnaie d’échange n’est pas une coquetterie : elle est la raison pour laquelle un stage international fonctionne. Traduisez tout en français, et votre club devient compréhensible à Cergy et nulle part ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La précision compte aussi. Le japonais technique nomme des choses que le français ne nomme pas. Il faudrait une phrase entière pour dire <em>kuzushi</em>, l’instant où la structure de l’autre cède, et deux pour <em>zanshin</em>, cette vigilance qui ne retombe pas après l’action. Un mot vaut mieux qu’une périphrase répétée cent fois par séance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’expérience Kawaishi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus beau contre-exemple est français, et il est peu connu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand <strong>Mikinosuke Kawaishi</strong> structure le judo en France à partir des années 1930, il fait un choix inverse de celui qu’on connaît aujourd’hui : il <em>numérote</em> les techniques. Première technique de hanche, troisième technique d’épaule, et ainsi de suite, en français, par famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa logique est pédagogique et cohérente avec son autre invention, <a href="/la-ceinture-noire-invention-recente/">les ceintures de couleur</a> : il s’adresse à des adultes occidentaux pressés, et il supprime tout ce qui ralentit. Un élève n’a pas à mémoriser une langue étrangère pour apprendre à projeter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La méthode a formé des générations de judokas français. Puis elle a été abandonnée au profit des noms japonais, à mesure que le judo s’internationalisait et que les Français se mettaient à voyager. Le système numéroté, efficace en vase clos, devenait un dialecte.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Kawaishi avait raison pour son époque et tort pour la nôtre. C’est le sort ordinaire des bonnes idées pédagogiques.</p></blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qui ne tient pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la part qu’il faut bien appeler du décorum, et la distinguer honnêtement du reste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Compter jusqu’à dix pendant l’échauffement n’a aucune utilité technique. Aucune. C’est un rituel d’appartenance, ce qui est une fonction respectable, mais il faut l’appeler par son nom plutôt que de lui inventer une vertu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi les mots déformés par transmission orale, répétés de professeur en élève sans que personne ne vérifie, jusqu’à devenir méconnaissables. Et les formules d’étiquette prononcées sans qu’un seul pratiquant sur vingt sache ce qu’elles signifient, ce qui rend difficile de les prononcer avec le sérieux qu’on leur prête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pire cas n’est pas l’ignorance mais l’ésotérisme : le vocabulaire employé comme barrière, pour marquer qui est du sérail. Un professeur qui ne traduit jamais rien n’enseigne pas une tradition, il protège une position.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La règle que nous proposons</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle tient en une ligne. On garde le mot japonais quand il nomme quelque chose que le français ne nomme pas, et on l’explique une fois pour toutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Seoi-nage</em>, <em>kuzushi</em>, <em>ukemi</em>, <em>shime-waza</em> : ces mots travaillent, ils désignent précisément, et aucun équivalent français ne ferait mieux. On les garde, et on dit ce qu’ils veulent dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste, les comptages, les formules d’usage, les traductions approximatives de notions morales, relève du rituel. Ce n’est pas une raison de le supprimer. C’en est une de cesser de prétendre qu’il s’agit de technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi, accessoirement, la ligne éditoriale de ce site : garder ce qui sert, nommer ce qui relève du récit, et ne pas confondre les deux.</p>

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		<title>Ce que la France a apporté aux arts martiaux</title>
		<link>https://chokenami.com/champions-et-maitres-francais/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CNA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Aug 2026 12:09:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Judo]]></category>
		<category><![CDATA[Karaté]]></category>
		<category><![CDATA[Luta Livre]]></category>
		<category><![CDATA[MMA]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des Français ont gagné, enseigné et défriché. Clin d’œil à quelques-uns, du judo à la Luta Livre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">On raconte volontiers les arts martiaux comme une affaire japonaise, puis brésilienne. C’est vrai, et c’est incomplet. Des Français ont gagné, enseigné et transmis, parfois en défrichant des disciplines que personne ne connaissait ici. Clin d’œil à quelques-uns.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le judo, une maison française</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La France est l’un des pays les plus licenciés au monde en judo, et cela ne doit rien au hasard : la discipline y a été implantée tôt, structurée par des clubs, et enseignée à des enfants avant d’être un sport de haut niveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>David Douillet</strong> a donné à ce judo son premier visage populaire. Quatre titres mondiaux, et deux titres olympiques, à Atlanta en 1996 puis à Sydney en 2000. Pour toute une génération, le judo a eu sa tête et sa carrure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Teddy Riner</strong> a fait autre chose : il a duré. Onze titres de champion du monde, des médailles olympiques sur cinq Jeux consécutifs, de Pékin 2008 à Paris 2024. La longévité, dans une discipline où l’on tombe pour de vrai plusieurs fois par entraînement, est un exploit distinct de la victoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il faut retenir n’est pas le décompte. C’est qu’un pays sans tradition japonaise a produit, pendant trente ans, des judokas que le Japon devait battre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le karaté, une médaille qui n’a existé qu’une fois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le karaté n’a été au programme olympique qu’une seule fois, à Tokyo en 2021. Une seule édition, jamais reconduite depuis. <strong>Steven Da Costa</strong> y a remporté la toute première médaille d’or olympique du kumite masculin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Champion du monde en 2018, double champion d’Europe, il gagne le jour où la discipline entre et sort de l’olympisme. Ce titre-là ne sera partagé avec personne : il restera le premier, et pour l’instant le seul.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Luta Livre a un père en France</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà la partie que l’on raconte le moins. La <em>luta livre esportiva</em>, cette lutte brésilienne au sol qui se pratique sans kimono, n’existait pas en France avant que <strong>Flávio Peroba Santiago</strong> ne la porte ici. Mestre de la discipline, il l’a enseignée, structurée, et formée à partir de presque rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une bonne partie de l’histoire de la Luta Livre française s’est écrite dans une salle de Vanves. Pas dans un centre national, pas dans un institut : dans un club.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les élèves qu’il a formés, <strong>Nicolas Renier</strong> est devenu l’un des meilleurs compétiteurs du circuit, titré en 70 kilos sous les couleurs de son équipe. La chaîne est courte et lisible : un homme arrive, enseigne, et vingt ans plus tard ses élèves gagnent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est exactement le schéma des Gracie au Brésil, un siècle plus tôt, à partir de ce que Mitsuyo Maeda leur avait transmis. Une discipline voyage rarement par les institutions. Elle voyage par des gens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le MMA, une génération sans terrain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les combattants français de MMA ont une particularité : ils se sont construits pendant que leur discipline était interdite en France, jusqu’en 2020. Aucune filière, aucun pôle, aucune licence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ciryl Gane</strong> en est l’exemple le plus net. Deux fois champion de France de muay-thaï, il commence le MMA tard et devient, en août 2021, champion intérimaire des poids lourds de l’UFC : le premier Français à décrocher une ceinture dans cette organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière lui, une génération entière arrive, souvent issue du karaté, du judo, de la lutte ou de la boxe. Le paradoxe est plaisant : l’interdiction a forcé ces combattants à d’abord devenir bons ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ceux qu’on ne compte pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette liste est injuste, comme toutes les listes. Elle laisse de côté les championnes, nombreuses et souvent moins racontées. Elle laisse de côté les entraîneurs, dont le nom n’apparaît sur aucun palmarès. Et elle laisse de côté l’essentiel : les professeurs de club qui, un mardi soir, corrigent une saisie à un gamin de douze ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un titre mondial est un aboutissement. Une discipline qui survit à son fondateur est autre chose. Kanô n’a pas légué des médailles, il a légué une méthode. Flávio Peroba Santiago n’a pas apporté un palmarès en France, il a apporté une pratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vous voulez ajouter un nom à cette page, écrivez-nous. Elle est faite pour s’allonger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les palmarès évoluent. Ceux mentionnés ici ont été vérifiés à la publication ; signalez-nous toute inexactitude.</em></p>

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		<title>Le Cercle Tissier, un dojo devenu institution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CNA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 20:29:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Aïkido]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rentré de Tokyo en 1976 avec sept ans de Hombu Dojo, Christian Tissier a formé une génération d’enseignants.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">En juillet 1976, un Français de vingt-cinq ans rentre de Tokyo avec un 4e dan et sept ans d’entraînement quotidien au Hombu Dojo de l’Aikikai. Il s’installe à Vincennes et y ouvre une salle. Un demi-siècle plus tard, une grande partie de l’aïkido français descend de cette adresse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfant du tatami</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christian Tissier</strong>, né à Paris en 1951, commence l’aïkido en 1962, à onze ans, auprès de Jean-Claude Tavernier. Il devient ensuite l’élève de Mutsuro Nakazono, qui lui remet son 2e dan avant son départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1969, à dix-huit ans, il part pour le Japon. Il ne s’agit pas d’un stage : il reste sept ans au Hombu Dojo, le siège mondial de la discipline, à une époque où très peu d’Occidentaux s’y installent durablement. Il y suit notamment <strong>Seigo Yamaguchi</strong>, dont le travail fluide marquera durablement son propre aïkido, ainsi que Kisaburo Osawa et le deuxième doshu, <strong>Kisshōmaru Ueshiba</strong>, fils du fondateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce détail de parcours compte pour comprendre la suite. Tissier ne rapporte pas une méthode apprise en stages, il rapporte une pratique acquise sur place, dans la langue, dans la durée, auprès de ceux qui la faisaient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vincennes, une fabrique de professeurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Cercle Christian Tissier, ouvert à son retour, n’est pas resté un club parmi d’autres. Il est devenu le lieu où s’est formée une bonne part des enseignants français de la discipline, et la plupart des délégués techniques de la fédération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un modèle assez rare en France, où l’enseignement des arts martiaux se disperse d’ordinaire entre des centaines de petites associations municipales. Un centre dense, ouvert largement dans la semaine, où l’on croise plusieurs disciplines et plusieurs niveaux sur les mêmes tatamis, produit autre chose qu’un cours de deux heures le mardi.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Un club forme des pratiquants. Un dojo qui dure forme des professeurs, et ce sont eux qui font une discipline nationale.</p></blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Les grades, et ce qu’ils disent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La progression se lit comme une chronique des relations entre la France et le Japon. L’Aikikai lui décerne le 5e dan en 1981, le 6e en 1986. Le 7e dan français arrive en 1997 ; le 7e dan de l’Aikikai lui est remis en janvier 1998 par Kisshōmaru Ueshiba en personne, chez lui, en présence de son fils et futur successeur Moriteru.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 9 janvier 2016, lors de la cérémonie du Kagamibiraki à Tokyo, il reçoit le 8e dan Aikikai des mains du doshu Moriteru Ueshiba, aux côtés de Tsuruzo Miyamoto et Jiro Kimura. Les sources concordent pour en faire le seul aïkidoka non japonais à avoir reçu ce grade de l’Aikikai de Tokyo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut hausser les épaules devant une numérotation de ceintures. Elle dit pourtant quelque chose de précis : une école japonaise, réputée avare de ses grades élevés, a reconnu qu’un étranger enseignait sa discipline au niveau de ses propres shihan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que cela change au débat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons écrit ailleurs, sans détour, ce qu’on peut reprocher à <a href="/aikido-a-quoi-sert-une-discipline-sans-competition/">l’aïkido comme méthode de combat</a> : une pratique sans opposition réelle ne devient pas fausse, elle devient invérifiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’existence d’une école comme celle-ci ne répond pas à cette objection, et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Elle déplace en revanche une autre question, celle de la transmission. Une discipline qui produit pendant cinquante ans des enseignants formés au même endroit, avec les mêmes exigences techniques, tient sur autre chose que sur la réputation d’un homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs la leçon que Kanō avait tirée bien avant : ce qui survit à un fondateur n’est ni son palmarès ni son charisme, c’est une méthode que d’autres savent enseigner à leur tour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les grades et les dates cités ici proviennent des biographies publiées par le Cercle Tissier et par des sources spécialisées ; signalez-nous toute inexactitude.</em></p>

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