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Technique, 3 min

L’étranglement, ce qui se passe vraiment

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C’est la technique qui donne son nom à cette marque, et c’est aussi celle dont on parle le plus mal. On dit couramment qu’un étranglement coupe la respiration. Dans l’immense majorité des cas, c’est faux, et le croire mène à mal l’exécuter.

Deux familles, un seul mot

Le français n’a qu’un mot là où il en faudrait deux. Le japonais parle de shime-waza, les techniques de serrage, et distingue ce qui comprime les vaisseaux de ce qui comprime la trachée.

L’étranglement sanguin ferme les carotides, de part et d’autre du cou. Le cerveau cesse d’être irrigué, et la conscience s’en va en quelques secondes, sans douleur particulière. C’est le registre de l’immense majorité des étranglements de judo, de jiu-jitsu et de MMA.

L’étranglement respiratoire, lui, écrase la trachée. Il est plus lent, nettement plus douloureux, et il abîme davantage. Un pratiquant qui sent brûler sa gorge est en train de subir un geste mal placé, pas un geste réussi.

Si votre partenaire tousse en se relevant, vous n’avez pas bien serré. Vous avez serré au mauvais endroit.

Pourquoi le sanguin est le bon

La différence n’est pas affaire de délicatesse, elle est mécanique. Les carotides sont superficielles et souples : une pression modérée, bien orientée, suffit. La trachée est un tube cartilagineux, dur, que l’on n’écrase qu’avec beaucoup de force et beaucoup de temps.

Autrement dit, l’étranglement sanguin est l’application exacte du principe que Kanō résumait par seiryoku zen’yō : le maximum d’effet pour le minimum de dépense. Celui qui force est presque toujours celui qui s’est trompé de cible.

D’où une règle simple à l’entraînement. Si vous devez contracter les bras à fond, lâchez et replacez. Un bon étranglement se referme comme une ceinture de sécurité, pas comme un étau.

La tape, et ce qu’elle engage

Tout ce système repose sur une convention tenue par deux personnes : celui qui est pris frappe du plat de la main, celui qui tient lâche immédiatement. Sans cette convention, la technique serait impraticable à l’entraînement.

Elle crée deux devoirs symétriques. Celui qui serre doit relâcher au premier signal, sans discuter, sans ce demi-temps de triomphe qu’on voit parfois. Celui qui est pris doit taper tôt, avant l’orgueil, parce que la seule chose qu’il gagne à attendre est de s’endormir.

La perte de connaissance par compression carotidienne est en général brève et la reprise spontanée. Cela ne la rend pas anodine, et certainement pas souhaitable. Une salle où l’on se vante de faire dormir ses partenaires est une salle mal tenue.

Ce que disent les règlements

Les fédérations encadrent strictement ces techniques, et l’âge est le premier critère : les étranglements sont interdits aux catégories les plus jeunes, et n’apparaissent qu’à partir de l’adolescence selon des seuils propres à chaque discipline et à chaque pays.

Ce n’est pas de la frilosité administrative. Un enfant n’a ni la structure cervicale ni le recul nécessaire pour taper à temps, et un professeur ne peut pas surveiller vingt tapis à la fois.

Vérifiez les règles de votre fédération plutôt que celles d’une vidéo : elles diffèrent d’une discipline à l’autre, et elles changent.

Le nom de la marque

ChokeNami tient d’un côté de l’anglais choke, l’étranglement, et de l’autre de 波, la vague.

Le rapprochement n’est pas qu’un jeu de syllabes. Une vague ne casse rien par la force d’un point : elle arrive de partout à la fois, elle enveloppe, et ce qu’elle emporte n’a jamais senti d’impact. Un étranglement réussi fait exactement cela.

Cet article décrit une pratique encadrée, en club, avec un partenaire consentant et un professeur présent. Il ne vaut ni conseil médical ni mode d’emploi hors du tatami.