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	<title>Boxe française Archives - ChokeNami</title>
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	<description>Arts martiaux, histoire, culture, équipement</description>
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		<title>Les boxes du monde, de Londres à Bangkok</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CNA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 19:08:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Disciplines]]></category>
		<category><![CDATA[Boxe anglaise]]></category>
		<category><![CDATA[Boxe française]]></category>
		<category><![CDATA[Kickboxing]]></category>
		<category><![CDATA[Muay-thaï]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Londres a interdit la lutte, Paris a gardé les pieds, Bangkok les coudes, la Birmanie la tête. Une famille, et ses querelles d’héritage.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le mot boxe désigne une idée simple, se battre avec les poings. Mais chaque pays l’a prolongée à sa façon. La France y a ajouté les pieds, la Thaïlande les coudes et les genoux, la Birmanie la tête, la Chine les projections. Ce n’est pas un sport, c’est une famille, avec ses aînés, ses cousins éloignés et ses querelles d’héritage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La boxe anglaise, ou l’invention de la règle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, on se bat à mains nues pour de l’argent, devant des foules qui parient. Le combat dure jusqu’à ce que l’un des deux ne puisse plus se relever. En 1743, un champion, <strong>Jack Broughton</strong>, rédige les premières règles écrites : on ne frappe plus un homme à terre, on ne le saisit plus sous la ceinture. C’est peu, et c’est le début de tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les règles du London Prize Ring, en 1838, précisent le cadre. Puis viennent, en 1867, celles qui portent le nom du marquis de Queensberry, leur parrain, et qui inventent la boxe moderne : gants obligatoires, reprises de trois minutes, une minute de repos, et dix secondes pour se relever. La lutte disparaît du ring. La boxe devient un art de la distance et du poing seul.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="759" src="https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-salle-1900-1024x759.webp" alt="Photographie ancienne en noir et blanc : deux boxeurs dans un ring entouré d’une foule d’hommes en costume" class="wp-image-416" srcset="https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-salle-1900-1024x759.webp 1024w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-salle-1900-300x222.webp 300w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-salle-1900-768x569.webp 768w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-salle-1900-500x371.webp 500w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-salle-1900-700x519.webp 700w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-salle-1900.webp 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un combat devant une salle comble, au début du XXe siècle. Gants, ring et public assis : le cadre des règles de Queensberry. Photographie : William A. Price, Bibliothèque nationale de Nouvelle-Zélande, sans restriction de droits connue, via Wikimedia Commons.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La boxe entre aux Jeux olympiques en 1904, à Saint-Louis. Les femmes devront attendre 2012, à Londres. Entre-temps, la France s’est trouvé des légendes : <strong>Georges Carpentier</strong>, champion du monde en 1920, <strong>Marcel Cerdan</strong> en 1948. Et à Rio, en 2016, <strong>Estelle Mossely</strong> et <strong>Tony Yoka</strong> remportent chacun l’or olympique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La boxe olympique a pourtant failli disparaître. Le Comité international olympique suspend en 2019 la fédération internationale de l’époque, pour des problèmes de gouvernance, de finances et d’arbitrage, puis lui retire sa reconnaissance en 2023. Il faut la naissance d’une nouvelle instance, World Boxing, reconnue à titre provisoire en février 2025, pour que la boxe retrouve sa place au programme des Jeux de Los Angeles en 2028.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La savate, la boxe qui se joue des pieds</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La France a sa propre boxe, née à Paris au début du XIXe siècle. La savate est d’abord un art de rue, que les autorités regardent d’un mauvais œil. En 1825, <strong>Michel Casseux</strong> ouvre une salle et l’enseigne comme une méthode. Son meilleur élève, <strong>Charles Lecour</strong>, découvre la boxe anglaise et, dans les années 1830, en greffe les coups de poing sur les coups de pied de la savate. La boxe française est née.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin des années 1870, <strong>Joseph Charlemont</strong> en publie un traité et la codifie. La discipline connaît son heure de gloire à la Belle Époque, au point d’être présentée en démonstration aux Jeux olympiques de Paris, en 1924. Elle décline ensuite, presque jusqu’à l’extinction, avant de renaître dans la seconde moitié du siècle. Une fédération internationale est fondée en 1985, et la discipline prend officiellement le nom de savate boxe française en 2002.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-savate-fouette-1024x768.webp" alt="Dans un gymnase, un tireur de boxe française porte un coup de pied fouetté à hauteur du visage de son partenaire, qui garde les poings levés" class="wp-image-417" srcset="https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-savate-fouette-1024x768.webp 1024w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-savate-fouette-300x225.webp 300w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-savate-fouette-768x576.webp 768w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-savate-fouette-500x375.webp 500w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-savate-fouette-700x525.webp 700w, https://chokenami.com/wp-content/uploads/2026/10/boxes-savate-fouette.webp 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le fouetté figure, coup de pied circulaire au visage, l’un des gestes emblématiques de la boxe française. Photographie : Daniel, sous licence <a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0" rel="license nofollow">CC BY-SA 3.0</a>, via Wikimedia Commons. Notre version redimensionnée est diffusée sous la même licence.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sa particularité tient en un mot : la chaussure. Le tireur, c’est son nom, frappe avec la pointe ou la semelle, et non avec le tibia comme en Thaïlande. Cela donne des coups précis, portés à distance, plus proches de l’escrime que de la bagarre. La progression se mesure aux gants de couleur, du bleu au jaune, puis aux gants d’argent, techniques ou de compétition. Une discipline sœur, la canne de combat, prolonge ce goût de la précision avec un bâton léger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2015, la savate boxe française est inscrite à l’inventaire français du patrimoine culturel immatériel. C’est la seule boxe née en France, et l’un des rares arts de combat européens à avoir survécu au XXe siècle sans être absorbé par un sport olympique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le muay-thaï, l’art des huit membres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La boxe thaïlandaise frappe avec huit armes : les deux poings, les deux coudes, les deux genoux, les deux tibias. Elle autorise aussi le corps à corps debout, le clinch, où l’on saisit la nuque de l’adversaire pour l’amener sur ses genoux, comme nous le racontons dans notre article sur le clinch. C’est l’une des boxes les plus complètes, et l’une des plus dures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle est aussi un rituel. Avant chaque combat, le boxeur exécute le <em>wai khru ram muay</em>, une danse de salut à son maître, au son d’un orchestre de hautbois et de tambours qui accompagne ensuite tout l’affrontement, accélérant avec lui. La légende nationale lui donne un héros, Nai Khanom Tom, prisonnier des Birmans au XVIIIe siècle, qui aurait gagné sa liberté en battant un à un les champions de ses geôliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire moderne, elle, se lit dans deux stades de Bangkok. Rajadamnern ouvre le 23 décembre 1945. Lumpinee, géré par l’armée royale, le 8 décembre 1956. Combattre et vaincre dans l’un d’eux reste la consécration d’une carrière. Sur la scène internationale, la fédération du muay-thaï obtient la reconnaissance provisoire du Comité international olympique en 2016, puis définitive, à l’unanimité, le 20 juillet 2021. Reconnu ne veut pas dire olympique : la discipline n’est pas encore au programme des Jeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le muay-thaï a aussi ses querelles. En 2023, le Cambodge organise les Jeux d’Asie du Sud-Est et rebaptise l’épreuve du nom de sa propre boxe, le <em>kun khmer</em>. La Thaïlande annonce qu’aucun de ses athlètes n’y participera. Derrière le nom, deux pays se disputent l’origine d’un art que leurs ancêtres ont sans doute partagé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le lethwei, la boxe à neuf armes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Birmanie, le lethwei ajoute une neuvième arme aux huit du muay-thaï : la tête. Les combattants se battent les mains bandées, sans gants rembourrés, et les coups de tête sont permis. Traditionnellement, le combat ne se gagne que par mise hors de combat ; faute de quoi il est déclaré nul. C’est sans doute la plus brutale des boxes encore pratiquées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Chine, les « boxeurs » et le sanda</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot boxe a eu en Chine un destin inattendu. Entre 1899 et 1901, un mouvement insurrectionnel se soulève contre les puissances étrangères. Ses membres pratiquent des arts martiaux et se réclament des « poings de la justice et de la concorde ». Les Occidentaux les appellent simplement les <em>Boxers</em>, et l’épisode entre dans l’histoire sous le nom de révolte des Boxers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La boxe chinoise moderne, elle, s’appelle <em>sanda</em> ou <em>sanshou</em>. Issue de l’entraînement militaire, elle combine coups de poing, coups de pied et projections. Longtemps entravée, la compétition reprend à la fin des années 1970, et les règles sont codifiées au début des années 1980. C’est le versant combat du wushu, dont l’autre versant, les enchaînements, se juge comme une gymnastique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le kickboxing, enfant métis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le kickboxing naît au Japon au milieu des années 1960, quand le promoteur Osamu Noguchi croise le karaté et le muay-thaï pour créer un spectacle. Les Américains développent dans les années 1970 leur propre version, issue du karaté plein contact. En 1993, le Japon lance K-1, une organisation qui réunit les meilleurs frappeurs de toutes les disciplines et fait du kickboxing un phénomène mondial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Chaque boxe dit ce qu’une société a accepté de voir. Londres a interdit la lutte, Paris a gardé les pieds, Bangkok a gardé les coudes, Rangoun a gardé la tête.</p></blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Une même famille</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes ces boxes partagent l’essentiel : la garde, la distance, le temps, l’art de toucher sans être touché. Elles diffèrent par ce qu’elles autorisent, et c’est là que se lit leur histoire. On y retrouve, à chaque fois, le même geste fondateur que Broughton en 1743 : écrire une règle, pour qu’un combat devienne un art.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chronologie</h2>



<ul class="wp-block-list cn-chronologie">
<li><strong>1743</strong> Jack Broughton rédige les premières règles écrites de la boxe.</li>



<li><strong>1825</strong> Michel Casseux ouvre à Paris une salle de savate.</li>



<li><strong>Années 1830</strong> Charles Lecour marie la savate et la boxe anglaise : naissance de la boxe française.</li>



<li><strong>1838</strong> Règles du London Prize Ring.</li>



<li><strong>1867</strong> Règles de Queensberry : gants, reprises de trois minutes, compte de dix.</li>



<li><strong>Fin des années 1870</strong> Joseph Charlemont codifie la boxe française.</li>



<li><strong>1899-1901</strong> Révolte des Boxers en Chine.</li>



<li><strong>1904</strong> La boxe entre aux Jeux olympiques, à Saint-Louis.</li>



<li><strong>1920</strong> Georges Carpentier, champion du monde.</li>



<li><strong>1924</strong> La boxe française en démonstration aux Jeux de Paris.</li>



<li><strong>1945</strong> Ouverture du stade Rajadamnern, à Bangkok.</li>



<li><strong>1948</strong> Marcel Cerdan, champion du monde.</li>



<li><strong>1956</strong> Ouverture du stade Lumpinee.</li>



<li><strong>Années 1960</strong> Naissance du kickboxing au Japon.</li>



<li><strong>Fin des années 1970</strong> Reprise des compétitions de sanda en Chine.</li>



<li><strong>1985</strong> Fondation de la fédération internationale de savate.</li>



<li><strong>1993</strong> Naissance de K-1 au Japon.</li>



<li><strong>2012</strong> Première boxe féminine olympique, à Londres.</li>



<li><strong>2015</strong> La savate boxe française entre à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel.</li>



<li><strong>2016</strong> Estelle Mossely et Tony Yoka, champions olympiques à Rio.</li>



<li><strong>2021</strong> Reconnaissance définitive du muay-thaï par le Comité international olympique.</li>



<li><strong>2023</strong> Querelle du kun khmer aux Jeux d’Asie du Sud-Est.</li>



<li><strong>2025</strong> World Boxing reconnue à titre provisoire ; la boxe confirmée pour Los Angeles 2028.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Visuel : combat de muay-thaï au stade Lumpinee, à Bangkok. Photographie : Peerapong Prasutr, sous licence <a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0" rel="license nofollow">CC BY-SA 4.0</a>, via Wikimedia Commons. Notre version redimensionnée est diffusée sous la même licence.</em></p>

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